Au départ, c'était une simple activité de fin d'année, avant les vacances de Noël. Je suis partie d'un article de The Conversation auquel j'ai rajouté d'autres éléments dont j'avais besoin.
Puis je me suis rendue compte au moment de la correction de la carte mentale que c'était un bon support pour expliquer aux élèves l'organisation d'une question problématisée. Donc au final, je pense que je réitérerai l'exercice les années futures.
En Laponie finlandaise, le
tourisme de masse contribue à la destruction de la nature
Par Raphaëlle Aubert, Pamela Duncan (The Guardian), Lotta Närhi (Long Play), Hanna Nikkanen (Long Play), Anna Ruohonen (Long Play) et Léopold Salzenstein (Arena for Journalism in Europe) Publié le 01 octobre 2025
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/
Alexander Kuznetsov / REUTERS
L’enquête « Green to Grey » révèle les
conséquences de l’explosion du tourisme en Laponie finlandaise. Prisée des
Français, cette région est l’un des derniers espaces de nature préservée en
Europe.
« Des vues incroyables, une nature époustouflante
et un service de première classe. » La promesse de l’Arctic Resort, en
Laponie finlandaise, a de quoi faire rêver les touristes en quête de luxe et de
grands espaces. Son principal atout ? La possibilité d’admirer des aurores
boréales dans les chambres, construites à la manière d’igloos de verre. Bâti
entre 2019 et 2021 dans la municipalité d’Utsjoki, au cœur d’une forêt de
bouleaux, l’hôtel surplombe le fleuve Teno, qui délimite la frontière entre la
Finlande et la Norvège. Il s’agit de la construction finlandaise la plus
septentrionale repérée par Le Monde et ses partenaires du Guardian
(Royaume-Uni) et de Long Play (Finlande), dans le cadre de l’enquête
collaborative européenne « Green to Grey ». […] Grâce à la précision
inédite des images par satellite traitées par le modèle d’apprentissage
automatique mis au point par le scientifique Zander Venter, de l’Institut
norvégien de recherche sur la nature, et par le média norvégien NRK, nous avons
pu identifier en Laponie une multitude de bâtiments de taille modeste apparus
au cours des dernières années. Des chalets, maisons de vacances et dômes de
verre qui échappent d’ordinaire aux calculs de l’artificialisation
des sols en Europe.
Nous avons estimé qu’environ
15 % des nouvelles constructions de Laponie étaient directement liées au
tourisme. Autour de Rovaniemi, la capitale régionale et capitale autoproclamée
du Père Noël (65.000 habitants), le parc immobilier à
destination des vacanciers s'étend désormais sur d'anciens espaces verts. La
ville s'est dotée d'un parc aquatique, de centres touristiques dédiés aux
rennes et aux huskys, et a agrandi son fameux «village du Père Noël». Plus au
nord, les stations de ski de Levi, Ylläs et Saariselkä ont avalé près de
430.000 m² de paysages naturels. Dans la commune reculée d'Utsjoki, un
complexe hôtelier a même été bâti au milieu d'une zone pourtant classée
d'importance nationale.
Des espaces naturels fragmentés
Dans un territoire aussi vaste, qui
couvre le tiers de la Finlande, ce grignotage issu du tourisme peut paraître
anecdotique. Pourtant, « avec l’exploitation forestière et l’extraction
minière, le développement des activités récréatives, pour le ski, par exemple,
sont les principales menaces qui pèsent actuellement sur les zones sauvages
restantes en Europe », avertit Steve Carver, professeur en sciences de
la renaturation et de la nature sauvage à l’université de Leeds (Royaume-Uni).
Chaque hiver, les flux de voyageurs ne cessent, en effet,
de battre des records. La Laponie finlandaise s’ancre progressivement dans
l’imaginaire européen comme un nouvel eldorado enneigé, fief du Père Noël. Le
nombre de touristes français y a plus que doublé en dix ans – la France est le
deuxième pourvoyeur de nuitées touristiques dans la région, derrière le
Royaume-Uni. En haute saison, six aéroports français et au moins autant de
compagnies aériennes desservent la Laponie sans escale.
La création d’infrastructures dans des espaces toujours
plus lointains, suffisamment distants les uns des autres pour répondre aux
désirs de nature immaculée des visiteurs, contribue au phénomène de
fragmentation des habitats naturels, qui nuit aux espèces locales. Car ces
villas prétendument isolées sont reliées par des routes, autour desquelles se
développent les activités humaines et touristiques : « safaris »
motorisés, promenades en traîneaux tirés par des huskys, parcs d’attractions, etc.
Le
tourisme en Finlande
Finlande a accueilli 2,13 millions de touristes en
2022, ce qui la place au 50e rang mondial en termes absolus.
Il est évident que les petits pays sont régulièrement moins
bien classés dans une comparaison du nombre absolu de visiteurs. Si l'on
rapporte le nombre de touristes au nombre d'habitants de Finlande, on obtient
une image un peu plus comparable : avec 0,38 touristes par habitant, Finlande
se situait au 67e rang mondial. En Europe du Nord, à la 7ème place,
derrière le Royaume-Uni. En 2022, Finlande a ainsi généré environ 2,12
milliards d'euros dans le seul secteur du tourisme. Cela correspond à 0,77 % du
produit intérieur brut et à environ 1 % de toutes les recettes touristiques
internationales en Europe du Nord.
Le seul peuple autochtone de l’Union Européenne menacé
Censés apporter prospérité et
emploi à la région, nombre de ces initiatives, présentés comme écologiques,
reçoivent le soutien de l’Union européenne (UE). M. Eiramo a ainsi obtenu
2,75 millions d’euros du fonds européen de développement régional pour
financer l’Arctic Resort. Dans son rapport de subvention, il affirme que ce
projet n’a pas eu d’impact sur la nature. Des allégations qui n’ont fait
l’objet d’aucune contre-expertise.
Mais les contestations
s’accentuent. Des habitants d’Utsjoki, puis les autorités environnementales
elles-mêmes se sont opposés à des tracés de pistes de motoneige, contraignant
M. Eiramo à mettre son plan en pause. Aux premières loges, le seul peuple
autochtone de l’UE, les Sami, voit ses pratiques ancestrales, comme l’élevage
nomade de rennes, fortement perturbées par les incursions des touristes.
Elle Maarit Arttijeff, membre de la
communauté d’éleveurs de rennes Sami d’Inari, regrette une situation « terriblement
stressante et triste ». Au printemps, le conseil municipal d’Inari a
approuvé un plan de création de 227 nouveaux terrains constructibles,
destinés au tourisme, dans des lieux jusqu’ici préservés. Son village, Nellim,
situé à une heure de route d’Inari en direction de la frontière russe, est
concerné. « Ce qui a été prévu est complètement absurde,
dénonce-t-elle. Pendant la saison hivernale, il y a déjà trois fois plus de
touristes que de résidents ici. » A terme, sa communauté craint de
devoir « quitter les lieux pour laisser la place au tourisme ».
« Certains Sami d’Inari ont déjà installé des panneaux “privé” autour de
leurs propriétés, car des voitures de touristes y sont entrées »,
regrette-t-elle.
Une folklorisation de la culture
sami
De la même manière, des attractions culturelles existent dans
la région : le musée Siida à Inari, la maison patrimoniale sami de
Skolt à Sevettijärvi ou le festival Ijahis idja de musique sami, qui est
organisé à Inari depuis 2004. Les Samis de Finlande, de Scandinavie et de
Russie y participent mais cette organisation attire également
les touristes nationaux et internationaux.
Le développement du tourisme dans la région a donc un double effet. Il fait revivre des traditions culturelles en phase de disparition pour cause de modernisation et d’assimilation. Les touristes veulent voir des couleurs, des figures et des tentes samis lorsqu’ils viennent en Laponie. Les Samis entrent par conséquent dans leur jeu, en utilisant leurs symboles traditionnels pour accroître l’attrait de leur région, comme c’est le cas à Rovaniemi, Sydokkola, Ivalo, Inari et Sevettijärvi. Bien entendu, cette instrumentalisation des symboles n’est pas le fruit d’une quelconque naïveté, elle répond à la loi du marché. Cela permet néanmoins aux Samis de faire perdurer certaines traditions et objets qu’ils ne fabriqueraient plus autrement.
En revanche, si les Samis vendent
leurs produits culturels, ils n’approuvent pas que d’autres utilisent leurs
ressources culturelles (tels que les costumes, les chapeaux ou les yoiks).
Cette recherche de légitimité et d’exclusivité se traduit par une tension
interne à la région, où les Samis n’ont toujours pas de droits exclusifs
territoriaux. Qu’ils revendiquent parce qu’ils leur sont indispensables pour assurer une vie
culturelle riche et pérenne. Rappelons que contrairement à la Norvège, la
Finlande n’a toujours pas ratifié la Convention sur les droits des peuples
autochtones. Le tourisme dont profitent les Samis étant une ressource
conjoncturelle et secondaire, ces derniers revendiquent davantage des droits
fonciers pour garantir la perpétuation de la culture indigène spécifique.
Changement climatique,
industrialisation incontrôlée, construction du chemin de fer pourraient changer
à l’avenir les valeurs de l’attraction de la Laponie.
Quoi qu’il en soit, la culture sami
n’est pas le principal motif de tourisme en Laponie finlandaise. Par
conséquent, les avantages ou les dommages du tourisme sur la culture sami
doivent être considérés comme collatéraux. Que se passerait-il si un jour Père
Noel mourait ? En d’autres termes, quels pourraient être les effets de
l’absence ou de la baisse drastique du tourisme dans la région, sur la culture
sami ?
A Rovaniemi,
le marché immobilier est lui aussi sous tension. En périphérie, des quartiers
d’habitations flambant neufs consomment des centaines de milliers de mètres
carrés de forêt boréale. Et sont immédiatement envahis d’annonces de locations
saisonnières – parfois des dizaines dans une même rue.
Vues
aériennes d’un quartier résidentiel en périphérie de Rovaniemi, en 2018 et en
2022.
Naissance du
père Noël :
"Au XVIIe siècle, des Hollandais émigrent en Amérique et fondent la colonie Niew Amserdam. En quelques décennies, la coutume néerlandaise de la Saint-Nicolas se répand, et "Sinter Klaas" devient Santa Claus. Plus tard, les chrétiens associent cette 'fête des enfants' à celle de l’Enfant Jésus : Saint-Nicolas fera désormais sa tournée la nuit du 24 décembre."
Entre le XIXe et le XXe siècles, poètes et illustrateurs américains brossent son portrait : Thomas Nast, par exemple, représente le Père Noël, court sur pattes et fumeur de pipe, comme un héros nordiste réconfortant les soldats de Lincoln.
En 1885, on apprend qu’il vit au pôle Nord. À partir
de 1930, Haddon Sublom dessine une série de publicités pour la marque
Coca-Cola, qui fixe le costume rouge et blanc : la puissance médiatique
des États-Unis fera le reste !
D’une certaine manière, posséder certaines des
dernières zones naturelles intactes d’Europe confère [aux Etats concernés]
une responsabilité supplémentaire. Les forêts des pays nordiques sont
essentielles pour lutter contre la perte de biodiversité et les émissions de
gaz à effet de serre en Europe. On ne peut pas les détruire. » Ironie
du sort, la Finlande compte parmi les pays les plus touchés par le
réchauffement climatique. Rovaniemi commence déjà à connaître des Noëls sans
neige.
![]()
Entrée du « village du père Noël ». Photo prise le 1 août 2025.
Il faisait 31°C
Dans la
poste du Père Noël. Rovaniemi (Finlande), le village du Père Noël, le
22 février 2025. JIM HUYLEBROEK / « THE NEW YORK TIMES » /
REDUX-REA
Malgré les inconvénients du
tourisme, la directrice exécutive de l’Association finlandaise pour la
conservation de la nature dans la région de Laponie, Sisli Piisilä, décrit la
situation comme un « équilibre de la terreur » : les
projets touristiques et les safaris motorisés prisés des touristes dégradent la
nature, mais exigent des paysages relativement préservés, ce qui contient
d’autres types d’exploitation des terres – notamment minière et forestière.
Laponie. Tout savoir pour passer des fêtes de fin
d’année inoubliables au pays du Père Noël
Ouest France, Publireportage, 15 nov 2025
Situé à huit kilomètres au sud du cercle polaire, le village du Père
Noël, ouvert en 1985, est le centre névralgique de cette féerie nordique. On y
rencontre le Père Noël tous les jours de l’année dans sa grotte scintillante,
on traverse symboliquement la ligne du cercle polaire, et on peut assister à la
danse des aurores boréales, détaille le site Internet du lieu. À proximité, le
Santa Park prolonge l'expérience avec sa galerie de sculptures de glace et ses
cours de cuisine de pain d’épices. Pour les amateurs de plein air, la Laponie
finlandaise offre également la possibilité de faire des promenades en traîneau
à chiens ou à rennes. Motoneige et excursions font aussi partie des activités
les plus populaires proposées par les voyagistes. Pour poursuivre
votre voyage, rendez-vous à la station de ski de Levi (Finlande) et ses
forêts enneigées, à Ruka Valley et son école des elfes ou
encore au parc national de Pallas-Yllâstunturi, territoire des éleveurs de rennes samis. Pour un voyage
organisé de trois nuits avec vols, hébergement, repas et activités, il faut
compter en moyenne 1 700 € par personne, précise National Geographic. Il
est conseillé de réserver longtemps à l’avance, les places partant vite pour
les séjours en périodes de fêtes. Le froid intense pouvant descendre jusqu'à
-25 °C en décembre rend certaines activités inaccessibles aux enfants âgés de
moins de trois ans
Consigne :
réaliser une carte mentale en relevant les éléments du document.